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Excoriose de la vigne : la reconnaître, agir au bon moment.

L'excoriose est une maladie du bois de la vigne, causée par un champignon (Phomopsis viticola, aujourd'hui appelé Diaporthe ampelina). Elle se reconnaît surtout en hiver, à la taille : des sarments blanchis, piquetés de petites ponctuations noires. Au printemps, elle marque la base des jeunes rameaux de nécroses brunes et d'une écorce qui se craquelle. Les rameaux deviennent cassants, les souches s'affaiblissent, et dans les cas sévères la perte de récolte peut atteindre 15 %.

L'essentiel tient en une phrase : elle se combat au débourrement, pas quand on la voit. Il n'existe pas de lutte curative. Quand les dégâts sont visibles, la contamination date de plusieurs mois.

1. La reconnaître, saison par saison

L'excoriose se lit à deux moments de l'année, et les deux comptent. Le printemps montre les dégâts en train de se faire. L'hiver montre le bilan, et c'est celui qui sert à décider.

Au printemps, sur les jeunes rameaux

Les symptômes se concentrent sur les entre-nœuds de la base, c'est-à-dire tout en bas des rameaux, là où on ne regarde pas spontanément. On y voit des nécroses brunâtres en forme de fuseau, des croûtes noires, et une écorce qui se fendille et se craquelle. Les vignerons décrivent souvent cet aspect craquelé comme une tablette de chocolat : une fois qu'on l'a vu, on ne le confond plus.

En automne et en hiver, sur le bois

C'est le signe le plus reconnaissable, et le plus utile : les sarments blanchissent, piquetés de petites ponctuations noires. Vous l'avez sous les yeux à la taille, rang par rang, au moment précis où vous avez le temps de regarder. Autre conséquence à surveiller : des bourgeons de la base peuvent ne pas déboucher au printemps suivant.

Ne pas la confondre

Trois maladies de la vigne se croisent dans les mêmes parcelles sans obéir aux mêmes règles. Les distinguer change complètement ce qu'on surveille, et quand.

Où se voit chaque maladie, quand elle se joue, ce qui la déclenche et son signe le plus reconnaissable.
MaladieOù ça se voitQuand ça se joueCe qui la déclencheLe signe qui ne trompe pas
ExcorioseSur le bois et la base des rameauxAu débourrement, jusqu'à 2-3 feuilles étaléesLa pluie du débourrement, sur un printemps humideSarments blanchis piquetés de noir, vus à la taille
MildiouSur les feuilles et les grappesDu printemps à l'été, par vaguesLa pluie, avec de la chaleurTaches d'huile translucides, feutrage blanc sous la feuille
OïdiumSur les feuilles et les grappesD'avant floraison à la fermeture de la grappeLa chaleur et l'humidité de l'air, sans pluiePoussière blanc-gris feutrée, odeur de moisi

2. Le cycle, raconté simplement

Le champignon passe l'hiver chez vous, sous l'écorce des ceps et dans les bourgeons dormants, sous forme de mycélium puis de pycnides, ces petites ponctuations noires que vous voyez sur le bois blanchi. Il n'arrive pas de l'extérieur : il était déjà là la saison dernière.

Au débourrement, il lui faut de la pluie. Les gouttes qui frappent le bois projettent les spores par éclaboussures sur les jeunes pousses, dans une atmosphère très humide, de l'ordre de 95 % d'humidité relative. La germination est possible dès 8 °C environ, à condition que l'humectation dure longtemps, de l'ordre de quatorze heures.

Détail qui change la façon de surveiller : la dissémination se fait à courte distance seulement. L'excoriose s'installe par foyers, souche par souche, année après année. Elle ne balaie pas un vignoble comme peut le faire le mildiou. C'est une bonne nouvelle et une mauvaise : elle progresse lentement, mais elle s'enracine là où elle est déjà.

Les émissions de spores courent de février à juin, avec un pic en avril. La maladie est présente dans tous les vignobles français, à des degrés divers, et les printemps humides la favorisent.

3. La fenêtre : quelques jours, et tout est joué

La vigne est sensible du débourrement à 2 ou 3 feuilles étalées. Selon l'année, cela représente quelques jours à deux semaines. Passé ce stade, les tissus se lignifient et la contamination ne prend plus.

C'est ce qui rend l'excoriose particulière dans le trio : elle ne se surveille pas en continu tout l'été, elle se joue sur une fenêtre courte et datée. Et cette fenêtre a deux clés, pas une seule.

  • Le stade de la vigne. Il ne tombe pas à la même date tous les ans. Un printemps précoce ouvre la fenêtre plus tôt, un printemps tardif la décale. Se fier au calendrier, c'est se tromper une année sur deux. Ce qui compte, c'est le cumul de chaleur depuis le début de saison, celui qui fait réellement avancer la plante.
  • La pluie annoncée. Sans pluie pendant la fenêtre, pas de contamination. Un épisode pluvieux qui tombe pile sur un débourrement en cours, sur une parcelle déjà porteuse, c'est exactement la situation à ne pas laisser passer.

Autrement dit : le risque n'est pas « au printemps », il est « à ce stade-là, ce jour-là, sur cette parcelle-là ».

4. Agir : à la taille, puis au débourrement

Cet hiver, à la taille : faites votre liste

C'est le moment le plus utile de l'année sur cette maladie. Vous passez souche par souche, vous avez le bois sous les yeux. Repérez les sarments blanchis piquetés de noir, et notez les parcelles concernées.

La profession retient un repère de décision simple : si plus de 20 % des rameaux étaient atteints, la protection de la campagne suivante se justifie. Ce n'est pas un seuil réglementaire, c'est un repère pratique, et il a le mérite de transformer une impression en décision.

Au débourrement : surveiller le stade et le ciel

Sur les parcelles que votre liste d'hiver a désignées, la question devient : où en est le débourrement, et qu'annonce la météo ? Si la parcelle est à risque et que la fenêtre sensible croise un épisode pluvieux, c'est avec votre conseiller que se cale une protection préventive, positionnée sur cette fenêtre.

Nous n'irons pas plus loin : Altavue ne recommande aucun produit, aucune dose, aucun programme. La référence pour les interventions reste le Bulletin de Santé du Végétal de votre région et votre conseiller technique.

Toute l'année : la prophylaxie

  • Tailler et éliminer les bois atteints. C'est autant d'inoculum en moins pour l'an prochain.
  • Ne pas laisser les bois de taille contaminés au pied des souches. Le champignon s'y conserve, et il est alors à la bonne hauteur pour être projeté par les éclaboussures.
  • Aérer. Tout ce qui réduit la durée d'humectation réduit la fenêtre de germination.

Un mot sur l'histoire, parce qu'elle explique le retour de la maladie : la recrudescence de l'excoriose est liée à l'interdiction d'un ancien traitement d'hiver, l'arsénite de sodium. Beaucoup de vignobles vivaient avec une protection qu'ils n'avaient plus besoin de penser. Ce n'est plus le cas, et c'est pour ça que le repérage à la taille redevient central.

Côté cépages, les fiches techniques citent l'Alicante Bouschet, le Grenache, la Clairette et la Syrah parmi les plus sensibles. Cela ne dispense personne de regarder : tous les vignobles sont concernés à des degrés divers.

5. Ce que nos données apportent, et ce qu'elles n'apportent pas

L'excoriose est la plus météo-dépendante des trois maladies de printemps. Tout se décide sur une fenêtre de quelques jours, déclenchée par la pluie. C'est exactement le genre de question à laquelle nos données savent répondre.

  • Voir venir l'épisode pluvieux. La prévision fine à 1,3 km, sur votre commune et non sur le département, pour savoir si la pluie va tomber pendant que vos parcelles sont au stade sensible.
  • Savoir si la pluie est réellement tombée. Pas une estimation de modèle : la pluie mesurée par les stations au sol. C'est elle qui dit si la contamination a pu avoir lieu chez vous, commune par commune.
  • Savoir quand la fenêtre s'ouvre vraiment. En comparant la saison en cours aux saisons passées, on voit si le printemps est en avance ou en retard, donc à quel moment le débourrement arrive réellement. C'est le travail d'Alta, notre IA spécialiste Agri, qui suit ce décalage pour chacune de vos parcelles.
Ce que le satellite ne fait pas

Il ne voit pas l'excoriose, et nous ne prétendrons pas le contraire. Les lésions sont sur les entre-nœuds de la base et sur le bois, pas dans la canopée qu'il observe. Ce que nous apportons ici, c'est le calendrier : la fenêtre, l'épisode pluvieux, le stade. Le diagnostic, lui, se fait à l'œil, à la taille et au printemps.

Vos questions sur l'excoriose

Le satellite voit-il l'excoriose ?

Non, et personne ne devrait vous dire le contraire. Les lésions se trouvent sur les entre-nœuds de la base des rameaux et sur le bois, pas dans la canopée que le satellite observe. Ce que nous apportons, c'est le calendrier, pas le diagnostic : quand s'ouvre la fenêtre sensible chez vous, quand l'épisode pluvieux arrive, et s'il est réellement tombé de l'eau sur votre commune. Le diagnostic, lui, se fait à l'œil, à la taille et au printemps.

Peut-on traiter l'excoriose en été, quand on voit les dégâts ?

Non. Il n'existe pas de lutte curative contre l'excoriose : tout se joue en préventif, sur les stades précoces, du débourrement à 2 ou 3 feuilles étalées. Quand les rameaux cassent au palissage, la contamination date de plusieurs mois. Ce que vous pouvez faire à ce moment, c'est noter les parcelles touchées et préparer la campagne suivante.

Comment savoir si ma parcelle est touchée ?

À la taille, en hiver. Cherchez les sarments blanchis, piquetés de petites ponctuations noires : c'est le signe le plus reconnaissable de la maladie, et le plus facile à repérer quand on a la vigne sous les yeux rang par rang. Regardez aussi la base des rameaux, là où l'écorce se craquelle. Notez les parcelles, elles vous serviront de liste de surveillance au printemps.

Quelle est la différence avec le mildiou et l'oïdium ?

L'excoriose se joue au débourrement et se voit sur le bois ; le mildiou et l'oïdium se jouent plus tard et se voient sur les feuilles et les grappes. L'excoriose progresse aussi par foyers, souche par souche, parce que ses spores ne se déplacent qu'à courte distance par éclaboussures. Elle ne balaie pas un vignoble comme peut le faire le mildiou.

Quelle est la référence officielle ?

Le Bulletin de Santé du Végétal de votre région et vos conseillers techniques. Altavue est un outil d'aide à la décision : nous vous disons quand regarder et quand le risque météo se présente, nous ne prescrivons aucune intervention et ne remplaçons ni votre observation ni votre conseiller.

À lire ensuite : le guide mildiou · le guide oïdium · la viticulture de précision par satellite

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